Test Second Sight
Après Psi-Ops, il fallait bien qu’on parle de Second Sight, l’autre jeu surfant sur la vague des pouvoirs psychiques tout droit tirés du célèbre manga Akira. Free Radical Design, bien connu pour la saga des Time Splitters a aussi voulu prouver sa capacité de se lancer dans le jeu d’infiltration / action et autant dire que Second Sight représente une des surprises de cette fin d’année !
Mais tout d’abord, petit come-back sur l’histoire de cette société déjà mythique qu’est Free Radical Design. Tout commence il y a quelques années seulement, avec une équipe formée d’anciens de Rare qui décide de créer leur propre studio. S’alliant à Eidos, ils sortent donc leur premier projet : Time Splitters, un FPS basé au départ sur Goldeneye mais qui joue dans le totalement déjanté. 1 an et demi plus tard, rebelote avec un second épisode qui connaîtra un énorme succès sur toutes les consoles du marché. Après quoi, un troisième épisode sera enfin annoncé, un jeu qui sera finalement édité par EA au lieu du bon vieux partenaire Eidos, Second Sight étant le dernier jeu de Free Radical édité chez Eidos. Alors, bonne surprise à l’horizon ou petit jeu d’action raté ?
Sortez de votre corps, la force est en vous !
Dans Second Sight, vous n’incarnerez nul autre personne qu’un psychopathe retenu en vie dans un sombre laboratoire au fin fond d’une des contrées les plus froides au monde : la Sibérie. La raison ? Vous étiez le cobaye parfait pour toute une série d’expériences à la limite du normal et lorsque votre geôlier décide enfin de faire sa petite pause, le héros explose ses menottes et décide de prendre sa vie en main. Armé de ses pouvoirs surhumains, le psychopathe au crâne rasé se lance dès lors dans une fuite désespérée, dernier espoir d’échapper au scalpel des scientifiques. Autre objectif au passage : découvrir ce qu’ils lui ont fait et pourquoi, et tant qu’on y est (jamais 2 sans 3…), découvrir qui est derrière toute cette machination. Récupérant peu à peu sa mémoire, John Vattic (oui, c’est son petit nom…) se rappelle de son passé. Il était un jeune scientifique spécialisé en parapsychologie, plutôt brillant d’ailleurs, qui vivait une vie paisible, jusqu’au jour où il fut appelé par l’armée rouge en Sibérie pour faire partie d’une expédition top secrète. Imaginant une nouvelle carrière bien plus aboutie que la précédente, le jeune scientifique se lance dans l’aventure sans y penser à 2 fois.
Tel est le début de l’aventure qui se divisera d’ailleurs en 2, avec des phases de gameplay narrant ses péripéties au beau milieu de la Sibérie et d’autres où le héros tentera désespérément de s’enfuir du complexe ultra protégé où il était retenu en temps que cobaye. Un gameplay donc pour le moins original et qui donne une grande importance au scénario, les premières minutes étant d’ailleurs particulièrement enthousiasmantes pour la suite de l’aventure. Là aussi Free Radical a tenu ses promesses en proposant un grand nombre d’interactions entre les 2 périodes. Je m’explique : supposons que tel vase soit cassé au moment présent, en retournant dans le passé et en évitant de le détruire, il sera encore là, même chose pour les personnes et niveaux. Une excellente idée qui ajoute encore au réalisme de la situation et à l’enthousiasme général qui entoure le jeu. Allons encore plus loin avec les faits accomplis lors des missions puisque chaque acte, bon ou mauvais vous permettra d’aller plus loin dans le scénario. Ainsi, l’échec n’a pas toujours une connotation négative puisque de nombreuses cinématiques le suivront, montrant les conséquences de vos actes passés. Comme quoi les ex développeurs de Goldeneye ont vraiment pensé à tout ! Pour la suite du scénario, sachez que le jeu mêlera habilement trahison et mensonges tout en vous poussant à réfléchir quant à la psychologie du héros, parfois sombre et dont les actes vous remettront en question à plus d’une reprise. Un scénario sombre à travers un univers angoissant et particulièrement prenant, du début à la fin. Mais de là à dire que l’ambiance est la meilleure jamais vue, ce serait beaucoup avancer, disons juste que ça s’en rapproche puisque rares sont les jeux à vous faire passer autant de sentiments.
Un gameplay novateur
Sur le fond même du soft, Free Radical a tenu à mêler différents genres comme l’infiltration, l’action ou encore des phases d’exploration. Le principal argument de Second Sight est à n’en pas douter ses pouvoirs psychiques. John Vattic sait en effet utiliser toute une série
de pouvoirs psychiques qui vous permettront de traverser les 17 niveaux qui composent le titre. La première d’entre elle et non des moindres avait déjà eu droit à son succès dans Psi-Ops, la projection. Celle-ci vous permettra de prendre le contrôle de vos ennemis et donc, de ne prendre aucun risque corporel. Une énorme utilité lui est bien entendu attribuée puisque vous pourrez flinguer vos autres ennemis et activer divers objets. Le second n’est pas non plus inconnu du grand public : la télékinésie. Celle là vous offrira la possibilité de soulever différents objets dans les airs, que ce soit pour vous créer un passage, faire diversion ou assommer vos ennemis avec, il y a toujours une utilité à y découvrir ; Et bien entendu, elle s’applique aussi envers vos ennemis que vous pourrez du coup faire voler de gauche à droite de votre écran, un petit air sadique comme ça, ça fait pas de mal !
A cela on ajoute la guérison qui transformera le pouvoir psychique en énergie, l’ensorcellement qui vous permettra de devenir invisible pour un bref instant et l’explosion psy, une technique particulièrement efficace pour se débarrasser de quelques ennemis simultanément puisque John enverra une vague puissante qui les éliminera sur le coup. Comme vous vous en doutez, vous n’aurez pas une énergie psy inépuisable et elle ne sera du coup utilisée qu’en certaines occasions. Fort heureusement, Free Radical n’a pas axé tout le gameplay sur ces phases de jeu. Second Sight joue en effet sur 3 vagues de jeu : l’infiltration, les phases de shoot intensives et les énergies psy. Pour ce qui est des phases de jeu se déroulant durant l’expédition, le gameplay sera très clairement plus poussé sur l’action avec de nombreux shoots à l’AK-47 (Sibérie oblige…) avec certains moments forts comme l’attaque d’une place forte, véritable clin d’œil à Time Splitters 2. Cependant, la plupart du temps, il sera préférable de se la jouer discrètement en s’infiltrant calmement à la manière de Metal Gear Solid, une des autres références du titre. Là aussi, Free Radical a pensé pas mal de mouvements bien sympas qui vous permettront d’avancer à l’aise dans les différents niveaux. Un des plus innovants étant bien sûr la visée de sniper. Point besoin de stresser puisque le gros de l’écran affichera toujours votre personnage à la troisième personne, le viseur étant situé en bas de l’écran, dans un petit cadre dédié. Une facilité d’emploi irréprochable lui est d’ailleurs attribuée puisque un viseur automatique est présent mais pour être sûr de shooter l’ennemi en un coup, rien de mieux que la visée manuelle, et tout ça en observant toujours la ronde des gardes alentours sur la plus grosse partie de l’écran. Chapeau.
Pour le reste, Vattic s’en sort plutôt bien en longeant les murs, s’accroupissant, jetant un petit regard au détour d’un couloir ou encore se planquer dans des casiers. Les possibilités sont multiples et on ajoute à cela d’autres, plus abouties comme entrouvrir un porte à la manière de Rainbow Six, prendre un ennemi en otage comme dans Dead To Rights, s’en servir comme bouclier, ramper, attirer l’attention des gardes. Bref, toutes les chances sont de votre côté pour vous en sortir, Free Radical nous ayant offert un jeu ultra complet et très bien pensé. Même constat au niveau de l’intelligence artificielle qui s’en sort très bien en vous poussant chaque fois à vous surpasser en ingéniosité. Enfin, vous découvrirez aussi pas mal de bonus cachés au beau milieu du jeu, tels que des mini-jeux à la Space Invaders, des missions bonus qui auront le mérite de vous faciliter la tâche dans la mission en cours ou encore des petits clins d’œil ça et là à diverses références du cinéma et du jeu vidéo. Bref, ça sent le gros gros hit !
Si proche de la perfection...
Avec tout ça, il nous serait bien permis de croire que c’est LE jeu à ne pas louper en cette fin d’année. Mais le reste du soft est-il aussi réussi que le gameplay ? Pour être sincère, l’ensemble parait très correct mais quelques défauts sont à relever. Pour les caméras par exemple, si la plupart du temps elles ont été bien définies, il arrive qu’elles se placent plutôt mal et le pire, c’est que dès lors elles se veulent capricieuses et qu’il est bien difficile de s’en sortir avec. Même constat pour la maniabilité, pas vraiment évidente au premier abord mais qui se révèle très riche au final. Ainsi, les premières heures de jeu vous paraîtront parfois difficiles mais passé le cap des 2 heures, vous contrôlerez John parfaitement au point que le jeu deviendra une véritable drogue tant le fun est de la partie. Hélas, et c’est probablement là que le titre perd la majorité des points : Second Sight est court, très court même à terminer, comme tout jeu d’action me direz-vous, certes mais il faut avouer que vous le recommencerez avec plaisir. Et last but not least : les graphismes. Là aussi, ils nous avaient habitués avec des graphismes originaux à travers les Time Splitters et c’est reparti pour un tour avec des graphismes dans le plus pur style des cartoons, des graphismes qui en jettent d’ailleurs, alliant effets spéciaux impressionnants, personnages bien modélisés et univers au charme mélancolique fou. De quoi réellement donner envie. Et ce qui ajoutera encore plus à l’ambiance en dehors du style esthétique, c’est bien entendu la bande son avec ses musiques étranges aux thèmes variés et qui s’accordent toujours parfaitement avec l’action. Même finalité pour les bruitages, tout aussi réussis que le reste et qui vous plongeront parfaitement dans la morosité ambiante qui traverse le titre. En gros : une réussite quasi-totale.