Test La Légende de Beowulf
Bien décidé à profiter du succès du long-métrage, Ubisoft s’était mis en tête d’adapter la célèbre légende de Beowulf sur nos consoles de salon en nous proposant un jeu mélangeant hack & slash et violence extrême pour un résultat plutôt prometteur sur le papier. Néanmoins, vu les piètres prestations de la plupart des adaptations de films en jeux, nombreux étaient ceux qui craignaient que le résultat soit tout bonnement catastrophique… Il ne vous reste plus qu’à lire le test ci-dessous pour vérifier la véracité de ces « légendes urbaines ».
Une légende sanglante
Comme dans le film, le jeu Beowulf nous propose de suivre les péripéties d’un grand guerrier scandinave qui se rend au Danemark pour combattre Grendel, un terrible démon qui massacre la population locale… Sur place, Beowulf découvrira que la terre est rongée par de nombreux dangers et que le roi semble craindre une terrible menace. Un scénario relativement classique dans l’ensemble qui a néanmoins la qualité de nous proposer une épopée sauvage au pays des vikings : ce peuple barbare qui saccagea pendant plusieurs siècles les plus grandes villes européennes. L’opportunité pour Ubisoft de nous introduire dans un univers sombre, violent et vulgaire qui se marie merveilleusement bien aux contrées froides et parfois terrifiantes du grand nord. L’univers du jeu est donc particulièrement réussi et il se fonde sur un univers légendaire du plus bel effet.
Pour ce qui est du gameplay, Ubisoft a bien entendu opté pour du hack & slash en implantant néanmoins quelques Quick Time Events et quelques mini-jeux. Le titre se compose donc essentiellement de combats à l’arme blanche dans des décors extrêmement linéaires dans lesquels le joueur devra combattre efficacement des hordes de barbares et de démons pour espérer découvrir le fin mot de l’histoire. Rien de transcendant en soi étant donné que Beowulf reprend les acquis de nombreuses autres licences, avec un gameplay finalement très proche des autres productions du genre et des combats d’une extrême violence qui ne sont pas sans rappeler Conan… Néanmoins, le soft se distingue radicalement de ses concurrents de par l’utilisation extrêmement limitée des armes. Comprenez par là que chaque arme que vous empoignerez ne pourra être utilisée que pour un certain nombre de coups. En pratique, vous pourrez donc tuer 3 ou 4 soldats ennemis avec votre épée ou hache, après quoi vous devrez soit trouver une autre arme, soit finir la dizaine d’autres barbares à la force de vos poings… Un concept particulièrement difficile à supporter étant donné qu’on a énormément de mal à comprendre pourquoi ces fichues lames se cassent aussi rapidement. Toujours est-il qu’aussitôt que vous vous retrouvez sans arme, les choses deviennent nettement plus difficiles et il faudra par conséquent redoubler d’efficacité en martelant les différentes touches d’attaque et en parant les coups régulièrement.
Il jette un froid
Pour ajouter un peu de piment aux affrontements, Ubisoft a introduit quelques alliés qui vous accompagneront dans la plupart des missions. Si ceux-ci ne s’avèrent pas nécessairement efficaces, ils se révèlent être suffisamment intelligents pour vous suivre et obéir à vos ordres dans certaines situations. Vous pourrez en effet leur ordonner d’ouvrir une porte et d’accomplir tout un tas d’autres actions qui vous permettront de vous décoincer de situations pénibles. On regrettera néanmoins que si tous nos hommes meurent au cours d’un affrontement, la partie se termine et l’on doive charger le précédent checkpoint pour éviter le « massacre ». A ce système d’aide, on ajoute un mode berserk qui permet de faire le ménage autour de soi et de lâcher la colère de Beowulf sur ses ennemis. Rien de transcendant en soi, mais il faut reconnaître une fois de plus que l’option est assez intéressante.
Une fois les principaux ennemis défaits, vous serez régulièrement amené à affronter un boss, comme l’inévitable Grendel, qu’il vous faudra éliminer en utilisant une technique de combat particulière. La plupart du temps, il faudra frapper à plusieurs reprises le boss, après quoi il vous faudra enchaîner une série de Quick Time Events particulièrement ennuyante pour l’affaiblir encore plus, et ainsi de suite jusqu’à la mort de la bête. Si en pratique cette mécanique de jeu a déjà fait ses preuves, elle revient tellement souvent qu’on finit par trouver cela bien trop répétitif.
En dehors des phases de combat, on retrouve également quelques discussions au château, mais aussi un système d’upgrade assez simple ainsi que quelques épreuves sous la forme de mini-jeux se basant le plus souvent sur des Quick Time Events (chant des soldats, traversée de la mer en drakkar, …). Beowulf nous propose donc un contenu relativement varié. Cependant, le titre souffre d’un cruel manque de renouvellement et se pare d’une jouabilité beaucoup trop simpliste qui l’empêche de tenir tête aux ténors du genre. C’est d’autant plus rageant que le système de jeu souffre de quelques cruelles erreurs de mauvais goût (notamment les armes), mais aussi d’une durée de vie relativement faible, d’une trop grande linéarité et de l’absence pure et dure de mode multijoueur… Un mode coopératif aurait assuré au soft une certaine rejouabilité, de même qu’un système de jeu plus varié. Mais il n’en est malheureusement rien et Beowulf aura énormément de difficulté à convaincre les puristes de par sa simplicité d’accès. Pour les novices, en revanche, le titre pourrait s’avérer être une agréable surprise, à condition bien entendu de ne pas s’attendre au jeu de l’année…
Qualité mitigée
D'autre part, certains auront tôt fait de remarquer que Beowulf est un jeu plutôt mal conçu, avec un niveau de difficulté allant de l'extrêmement simple au quasiment insurmontable et enchaînant les situations frustrantes. Il ne sera ainsi pas rare de recommencer le même niveau encore et encore jusqu'à ce que vous trouviez le truc qui vous débloque et vous permette de venir à bout des vagues d'ennemis. De ce point de vue là, inutile de dire que si vous n'êtes pas patient, vous risquez d'abandonner le pad en un temps record pour retourner sur un soft plus fun et mieux pensé.
D’un point de vue technique, Ubisoft démontre clairement qu’il a travaillé activement sur son projet, de sorte que Beowulf bénéficie d’une réalisation de premier choix. Si le titre n’est assurément pas la tuerie graphique de l’année, il parviendra sans doute à convaincre de nombreux joueurs qui se laisseront charmer par des graphismes et une composition sonore d’excellente facture. Ainsi, on remarquera d’entrée de jeu la beauté des effets visuels qui en mettront littéralement plein les yeux, le tout bien souvent accompagné d’effets sonores extrêmement réussis. Dans l’ensemble, Beowulf : le jeu respecte plutôt bien l’univers du film grâce à des musiques collant parfaitement à l’univers, des voix françaises plutôt réussies et des visuels de qualité. Seule petite ombre au tableau : la qualité de certaines textures qui est loin d’égaler celle des standards que l’on est en droit d’exiger pour un jeu de nouvelle génération. On regrettera également que les personnages n’aient pas bénéficié de plus d’attention tant le contraste avec les décors peut paraître énorme par moments… Reste que dans le feu de l’action, on n’y prêtera probablement pas attention.