Test Shadowrun
Après nous avoir servi deux excellents jeux sur Xbox première du nom, à savoir le génialissime Crimson Skies et le surprenant Mechassault, le studio de développement FASA est enfin de retour avec son tout premier projet destiné à la nouvelle génération. Et quoi de mieux que de débuter les hostilités avec un FPS multijoueurs à mi-chemin entre Counter Strike et Unreal Championship 2. Pour attirer les projecteurs sur le projet, Microsoft Games a décidé que Shadowrun serait le premier jeu Xbox 360 à permettre les affrontements entre joueurs PC et joueurs console. Mais cette fameuse fonction "Live Anywhere" sera-t-elle suffisante pour nous faire oublier les trop nombreuses craintes que nous avions énoncées lors de nos précédents contacts avec le titre ?
Du jeu de rôle au FPS
Qui dit FPS multijoueurs, dit généralement Counter Strike. Difficile de passer à côté de ce classique développé sans grand moyen par Minh Le et Jess Cliffe il y a huit ans. Hormis cet excellent jeu, on retrouve bon nombre de clones, qui ne parviennent généralement pas à arriver à la cheville de leur concurrent direct. Bien décidé à partir sur de nouvelles bases, le studio FASA s’est mis en tête de développer un FPS multijoueur basant son gameplay sur le mélange entre des armes à feu, des armes blanches et l’utilisation de divers sorts magiques. Shadowrun est donc un FPS qui marie les spécificités d’un Counter Strike, pour son système de jeu, et celles du jeu de rôle papier éponyme pour son univers cyberpunk, ses races fantaisistes et ce mélange entre technologie et magie qui imbibe son univers.
Néanmoins les fans risquent d’être déçus d’apprendre que le jeu ne comporte que quatre races : Humains, Trolls, Elfs et Nains. Chacune possède néanmoins des caractéristiques propres, pouvant faire la différence dans une partie. Les Humains globalement équilibrés, disposent de plus d’argents que leurs comparses. Les Elfs représentent la classe la plus rapide, à condition toutefois de ne pas utiliser une arme lourde. Les Nains quant à eux volent l’essence (qui limite l’utilisation des technologies) des adversaires qu’ils croisent. Enfin, les Trolls sont ceux qui encaissent le moins de dégats.
Mais commençons par le commencement : le mode solo. Une fois la cinématique d’intro éclipsée, le joueur débute l’aventure par le mode entraînement du jeu, divisé lui-même en plusieurs chapitres. Un entraîneur personnel vous apprendra alors les bases de Shadowrun, l’utilisation des sorts, et les autres joyeusetés qui sont à votre disposition dans le jeu. Une fois l’entraînement terminé, on vous demandera de mettre vos acquis à l’épreuve lors d’une épreuve de type deathmatch ou capture du drapeau. Dès lors apparaît notre première déception… Si le gameplay paraît à première vue intriguant, on remarquera directement la lenteur des dialogues de votre instructeur, et les nombreuses parlottes inutiles, qui nous font tourner autour du pot pendant plusieurs minutes pour effectuer un simple saut. Barbant au possible.
Tout pour le multijoueur
Heureusement, le reste du programme est nettement plus réjouissant. A condition bien entendu, de ne pas être allergique aux jeux de tirs multijoueurs ! Shadowrun se contente d’un simple mode
Deathmatch et d’un autre proche du
Capture the Flag contre des bots, hors connexion. Difficile donc d’applaudir la durée de vie hors ligne, qui se révèle plutôt limitée si l’on ne dispose pas d’un compte Xbox Live Gold.
Pour le reste, Shadowrun se révèle être une agréable surprise, avec des cartes variées, et dotées d’un Level Design assez inspiré. La partie commence comme d’habitude avec l’achat de matériel (armes, sorts et gadgets), que le joueur peut se procurer en dépensant ses précieux dollars, gagnés grâce à des frags et à des actions lors des différents rounds. Cette étape passée, le jeu commence, et la dizaine de soldats de votre troupe se lance à l’assaut de l’ennemi par différents chemins. Une fois l’objectif de la partie accompli, la partie s’arrête et vous recevez le pécule de vos exploits. Place ensuite à un nouveau round, qui vous mènera vous et votre équipe à une nouvelle victoire ou au contraire, à un nouvel échec…
Si Shadowrun conserve un gameplay très classique pour l’armement conventionnel (mitraillettes, revolvers, snipers, shotguns et autres joyeusetés), il propose aussi un style de vue à la troisième personne lors des combats au corps à corps, avec l’aide du fameux katana. Dès lors, Shadowrun troque la précision des armes à feu pour un énorme fatras de coups qui volent dans toutes les directions sans crier gare. Simpliste, et imprécis au possible. Fort heureusement, l’utilisation des sorts se révèle nettement plus simple. Une fois un sort acheté, il vous suffira de le sélectionner grâce au bouton B, et de lui assigner une touche d’accès rapide (LT, LB ou RB), qui vous permettra de le lancer en toute simplicité.
Du côté des sorts, on relève de nombreuses techniques de combats, aussi variées qu’efficaces. Notons donc la présence d’un bouclier anti-magie, de réflexes d’acier qui vous permettront d’éviter les balles de sniper, de vision à travers les murs, de téléportation, d’un laser viseur, d’un arbre de vie qui vous redonnera de l’énergie supplémentaire, du système de résurrection, qui vous permettra de sauver vos camarades tombés sur le champ de bataille, d’un souffle très puissant qui expédiera vos ennemis à plusieurs ennemis, de l’invocation d’une énorme créature, qui vous aidera à faire le ménage, et de nombreux autres talents tous plus originaux les uns que les autres. Ces nombreux ajouts donnent à Shadowrun une réelle profondeur de jeu, tant dans les affrontements musclés lors des deathmatch que lors de vos évasions furtives durant les captures de drapeaux.
Simple d’accès, et plutôt efficace, Shadowrun parvient sans difficulté à nous faire oublier les nombreuses déceptions de ces dernières années. On regrettera tout de même le manque de clarté lors des affrontements avec de trop nombreux ennemis, et le prix un peu élevé du jeu, pour un seul et unique mode multijoueurs. Quoi qu’il en soit, les amateurs de FPS seront comblés, et les Liveurs apprécieront sans aucun doute d’affronter des joueurs PC grâce à une parfaite gestion du réseau. Pour les joueurs PC, c’est une autre histoire puisque leur vitesse de rotation a été volontairement réduite. L’ensemble se révèle dès lors suffisamment équilibré pour ne pas favoriser l’un ou l’autre groupe de joueurs, ce qui est loin d’être négligeable.
Une réalisation honorable
D’un point de vue purement technique, Shadowrun s’en sort haut la main, avec une ambiance sonore très crédible, constituée de cris atroces et de bruitages nerveux et retentissants. Les graphismes, qui paraissent plutôt étranges au premier coup d’œil, se révèlent tout de même très stylés, avec des modélisations correctes des différents personnages, des cartes vastes et variées et des effets visuels agréables. On regrettera aussi des chutes de Frame Rate, qui sont certes très rares, mais qui n’en demeurent pas moins gênantes lorsqu’elles se produisent. Un constat plutôt positif donc, pour un FPS orienté principalement vers le multijoueur, rappelons-le.